Travailler sa stratégie d’entreprise avec l’IA : la méthode

Par Uptonum — Conseil & Accompagnement en Transformation Digitale et Intelligence Artificielle

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L’été et la rentrée ont un point commun pour la plupart des dirigeants : C’est l’occasion de penser stratégie, de lever la tête et d’avoir un cerveau moins sollicité. On regarde ce qui a fonctionné, on cadre la fin d’année, et on commence à dessiner l’année suivante.

Cette année, j’ai mené cet exercice pour UpToNum en m’appuyant sur l’intelligence artificielle. Le résultat m’a suffisamment convaincu pour que je documente la méthode et que je la partage.

Une précision s’impose d’emblée, car elle conditionne tout le reste.

 Ce que l’IA ne fait pas

Je n’ai pas demandé à une IA de « produire ma stratégie ». Cela n’aurait eu ni sens, ni intérêt.

Une stratégie d’entreprise repose sur des arbitrages qui engagent le dirigeant : où j’investis mon temps, quels clients je vais chercher, ce que je renonce à faire. Ces arbitrages ne se délèguent pas. Une stratégie qui ne vient pas du dirigeant n’est pas une stratégie, c’est un document.

 Ce que l’IA fait très bien

En revanche, l’IA joue remarquablement bien un autre rôle : celui du partenaire qui renvoie la balle, qui analyse sans affect ou tout simplement vous met devant vos propres non dits.

Elle propose des angles auxquels on n’avait pas pensé. Elle confronte le dirigeant à ses propres habitudes, celles qu’on ne questionne plus parce qu’elles ont toujours été là. Et elle le fait avec un regard documenté et assez factuel.

Pour un dirigeant de TPE ou de PME, qui travaille souvent seul sur ces sujets et n’a pas de comité stratégique en face de lui, c’est loin d’être anecdotique.

La méthode en quatre étapes

 Étape 1 — Construire le contexte

C’est l’étape que l’on oublie souvent. C’est aussi celle qui détermine la qualité de tout ce qui suivra.

J’ai créé un projet dédié dans lequel j’ai déposé l’ensemble de mes éléments stratégiques :

– mes axes de travail ;
– ma feuille de route de début d’année ;
– une description de mes points forts et de mes points faibles ;
– les sujets sur lesquels j’ai envie de travailler ;
– ce qui me différencie de mes concurrents ;
– un lien vers mon site internet.

Une bonne partie de ce contenu, je l’ai dicté à l’oral plutôt qu’écrite. C’est plus rapide, et surtout plus honnête. À l’écrit, on se censure et on lisse. À l’oral, on dit les choses.

Les formats se mélangent sans difficulté : documents Word, transcriptions de prises de parole, liens.

Ce travail, je l’ai commencé en début d’année et je l’enrichis en continu. C’est devenu une base réutilisable bien au-delà de l’exercice stratégique : elle me sert aussi à produire des articles, des propositions commerciales, des supports de formation.

Le principe à retenir : une IA sans contexte produit des réponses génériques, interchangeables, valables pour n’importe quelle entreprise. Avec du contexte, elle devient spécifique. Le contexte n’est pas un préalable jetable, c’est un actif.

Étape 2 — Se faire interroger avant de se faire répondre

Une fois la base de contexte constituée, je n’ai pas demandé de stratégie.

J’ai exposé ma problématique, puis j’ai demandé à l’IA de me poser des questions afin d’affiner sa compréhension de ma stratégie passée et des éléments de ma stratégie à venir.

Ce renversement est simple à mettre en œuvre et très efficace. Répondre à ces questions m’a obligé à formuler explicitement des choses que j’avais en tête depuis des mois sans les avoir jamais posées clairement. La valeur de cette étape ne vient pas de l’IA : elle vient de ce qu’elle vous force à dire.

Ce n’est qu’ensuite qu’est arrivée une première trame d’éléments stratégiques.

Étape 3 — Itérer par couches successives

C’est le cœur de la méthode, et c’est là que se joue la qualité du résultat final.

Le cycle est toujours le même :

1. L’IA propose une stratégie.
2. Je la lis et je formule mes remarques.
3. Je lui demande d’évaluer ce qu’elle vient de produire : son positionnement, ses angles morts, ce qu’elle a manqué.
4. Elle intègre mon retour et sa propre évaluation, puis repart sur une nouvelle version.

Deux, trois, quatre itérations suffisent. À itération, on ajoute des consignes, on corrige, o, module. Et progressivement, on arrive à quelque chose de réellement qualitatif.

La demande d’auto-évaluation est le point clé. Sans elle, on empile des versions successives sans progresser. Avec elle, chaque tour apporte quelque chose.


Étape 4 — Passer de la stratégie au plan d’action

Un conseil avant d’aller plus loin : ne laissez pas l’IA rédiger trop tôt. Tant que la réflexion n’est pas stabilisée, restez sur un style simple, presque en notes. La belle rédaction masque la faiblesse des idées.

Une fois les éléments stratégiques arrêtés, j’ai formulé deux demandes.

  • La première : une rédaction plus détaillée de la stratégie.
  • La seconde, et c’est la plus importante : un plan d’action adapté à ma taille d’entreprise, à mon activité et à mon emploi du temps.

Ce dernier point est déterminant. Un plan d’action calibré pour une structure de deux cents personnes ne sert à rien à un dirigeant de TPE. Les contraintes réelles doivent être explicites dans la demande, sinon vous récupérez une feuille de route théorique que vous n’appliquerez jamais.

Le livrable final : une feuille de route de fin d’année, cohérente avec ce que je veux construire l’année prochaine. En outre, il est facile d’en faire une version synthétique ou une présentation powerpoint pour présenter à ses associés ou son comité de direction.


Le point de vigilance : la confidentialité

Il s’agit d’éléments stratégiques. C’est probablement ce qu’une entreprise a de plus sensible avec ses données clients.

Une réflexion en amont est nécessaire pour juger de la confidentialité des données.

Ma pratique est simple : j’anonymise et j’abstrais le maximum de choses. Les noms de clients, les montants précis, les informations nominatives ne sont pas nécessaires pour que l’exercice fonctionne.

Cet exercice peut aussi se mener dans un cadre plus fermé : une IA installée localement sur votre propre serveur, ou une solution hébergée respectueuse de la confidentialité comme EURIA.

La bonne question n’est donc pas « est-ce que c’est risqué ». C’est : qu’est-ce que j’y mets, et où est-ce que ça va ?

 


 Ce que j’en retire

Je n’ai pas obtenu une stratégie clé en main, et je n’en voulais pas.

J’ai obtenu de la clarté, plus vite. Une réflexion que j’aurais menée par bribes sur plusieurs semaines s’est faite de manière concentrée, structurée, et surtout mieux challengée.

L’IA n’a rien décidé. J’ai décidé. Mais j’ai décidé après avoir été questionné, contredit et poussé à préciser ce que je voulais vraiment.

C’est aussi, à mon sens, le bon niveau de lecture pour un dirigeant qui se demande par où commencer avec l’IA. On parle beaucoup de gains de productivité sur les tâches d’exécution. On parle beaucoup moins de ce que l’IA apporte sur les tâches de réflexion, alors que c’est souvent là que le dirigeant est le plus seul.


Vous souhaitez mettre en place ce type de démarche dans votre entreprise, ou structurer votre approche de l’IA au-delà des usages individuels ? C’est exactement le type d’accompagnement que je mène chez UpToNum. Parlons-en.

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